Saison musicale Debussy

La marraine de cette saison est la grande pianiste lituanienne Mūza Rubackytė. Née à Kaunas en 1959, elle est diplômée du Conservatoire de Moscou et mène une carrière internationale importante à partir des années 1980. Mūza Rubackytė a reçu la Légion d’Honneur en 1998. Elle est mondialement connue pour son interprétation du répertoire lisztien et de la musique russe de la première moitié du XXe siècle. En 2024, elle est l’une des artistes particulièrement mis à l’honneur pour la Saison culturelle de Lituanie en France qui s'est tenue entre le 12 septembre et le 12 décembre 2024.

Un dimanche chez Debussy

Concert payant une fois par mois à la Maison natale Claude-Debussy.
Accueil du public à partir de 15h30 pour une conférence-introduction ou une visite accompagnée de la maison, entre découverte et conversation. Début du concert à 16h. À l’issue de la représentation, moment d’échange convivial avec les musiciens autour d’un verre ou d’une tasse de thé.

Moments musicaux à la Maison Debussy

Concert gratuit une fois par mois à la Maison natale Claude-Debussy.
Fruit de la collaboration entre le conservatoire et le musée, pas moins de sept concerts vous sont proposés cette saison, dans le cadre inspirant et intimiste de la Maison natale.
Ces rendez-vous réguliers programmés le samedi matin, de 11h30 à 12h30, vous permettront de découvrir les talents des élèves ayant un niveau consolidé au CRD, dans un vaste choix de disciplines musicales, chorégraphiques ou théâtrales. Un lieu, un contexte unique et un moment privilégié pour partager le bonheur de l'écoute et de la découverte, grâce à de jeunes artistes pleins d'avenir.
 

La Maison natale Claude-Debussy est un joyau patrimonial de la ville. Partie intégrante du musée municipal Ducastel-Vera, la Maison est le lieu de mémoire du grand compositeur qui y naît le 22 août 1862 et l’unique musée dédié à Debussy. C’est également un témoin précieux de l’histoire de Saint-Germain-en-Laye et de son urbanisme entre le XVIIe et le XIXe siècle. C’est à ce titre que les toitures, la cour et l’escalier à balustres de la Maison natale sont inscrits Monuments Historiques en 1972.

Histoire de la Maison natale

L’historique de la Maison natale débute à la Renaissance avec l’instauration du marché aux grains et à la farine par François Ier. Les boulangers installent leurs étals dans la rue qui deviendra « rue au Pain ». Les caves du bâtiment datent de cette époque, mais c’est alors une petite maison avec jardinet et un logement en fond de cour. En 1641, elle est rachetée par Louis Boutray, serrurier du roi Louis XIV, comme un « immeuble de rapport » car il n’y habite pas. La ville est alors en plein essor avec la présence quasi permanente de la cour et Boutray fait agrandir le bâtiment en 1680. Il compte désormais deux corps de logis – celui sur rue de quatre étages et celui sur cour de deux – reliés par un escalier extérieur en bois. Une grande boutique occupe le rez-de-chaussée, louée à un commerçant.

La Maison traverse les siècles sans grande modification, seuls se succèdent ses propriétaires et les locataires. En 1861, la maison appartient à Eugénie Borde, veuve Déjardin, qui habite au Pecq. La boutique est un commerce de faïence d’André François Mallet. Les jeunes mariés Manuel-Achille et Victorine Debussy rachètent ce fonds de commerce et s’installent dans la Maison, dans l’appartement du premier étage, le plus grand. Malheureusement, en 1864, Debussy père déclare faillite et la famille quitte Saint-Germain-en-Laye.

Claude Debussy disparaît le 25 mars 1918 dans son hôtel particulier parisien, avenue du Bois de Boulogne. La Maison natale qui est toujours un « immeuble de rapport », devient lieu de pèlerinage encouragé par le Comité Debussy présidé par Maurice Denis, Gabriel Astruc et Emma Debussy, veuve du compositeur. Deux plaques commémoratives sont posées en 1923 et le Monument à Debussy par Aristide Maillol est érigé dans le jardin des Arts. Le musée municipal de Saint-Germain-en-Laye commence à constituer une collection d’œuvres et d’objets liés au musicien grâce aux dons et aux achats, mais la création d’un espace muséal doit attendre 1980 lorsque la Ville décide d’acquérir le bâtiment.

L’ordonnance d’expropriation des occupants est donnée en 1983. Régina Hélène dite Dolly Bardac, veuve de Tinan, belle-fille de Debussy, lègue à la Ville plusieurs objets personnels, ainsi qu’une somme de 600 000 francs qui facilite l’opération immobilière. L’État subventionne également le rachat et les travaux, mais la Ville supporte l’essentiel de la dépense qui se révèle considérable car le bâtiment est insalubre et menace ruine. Ces premiers travaux débutent en 1987 et durent 3 ans. Les constructions annexes dans la cour sont démolies et la structure du bâtiment est renforcée par des poutres en béton armé. L’escalier est restauré, mais la façade, qui avait déjà perdu son caractère historique avec la suppression de la devanture en bois, est très profondément remaniée. Il s’agit d’un véritable geste architectural en rupture complète avec l’environnement urbain de la Maison natale. Les séparations entre les étages sont supprimées et la partie basse, entièrement minérale, est creusée de niches. La Maison natale Claude-Debussy est inaugurée en 1990.

Le rez-de-chaussée est occupé par l’Office de Tourisme. L’unique salle d’exposition se trouve au premier étage. L’auditorium, baptisé du nom d’Yvonne Lefébure, grande pianiste de Saint-Germain-en-Laye, est au deuxième étage. Le troisième étage accueille un centre de documentation, bientôt fermé faute de place pour l’Office de Tourisme. Un atelier d’artiste est aménagé au quatrième étage. Le musée organise des concerts, des expositions temporaires, reçoit des visites scolaires. Il célèbre le 150ème anniversaire de la naissance de Debussy en 2012 et le centenaire de sa mort en 2018.

Travaux

La fermeture pour travaux du bâtiment historique du musée municipal dans le jardin des Arts (Villa Eugénie-Désoyer) nécessite le transfert du Cabinet des Arts graphiques, installé au quatrième étage de la Maison natale. En 2018, la Villa rouvre, mais sans les collections du musée. En revanche, l’Office de Tourisme y emménage, quittant la Maison natale. Le rez-de-chaussée est réaménagé et devient l’accueil du musée avec une présentation temporaire. La Ville lance en effet un important projet de rénovation qui vise avant tout à donner au bâtiment un éclat à la hauteur de son importance culturelle et patrimoniale.

Le parti-pris de cette nouvelle rénovation/restauration est la préservation de l’état historique du bâtiment et sa réinscription dans le tissu urbain du centre-ville protégé en tant que Site patrimonial remarquable. Les points essentiels des travaux ont été :

  • la préservation des éléments et caractéristiques du bâtiment du XVIIe siècle (façades sur cour, toitures, caves) et la restitution des éléments supprimés abusivement lors des travaux de 1987-1990 (séparations entre les étages par exemple) ;
  • la consolidation du devers de l’escalier vers la cour ; 
  • la reprise de la façade afin de retrouver un aspect le plus proche possible de l’état XIXe siècle-début du XXe siècle qui s’intègre parfaitement dans l’alignement des façades de la rue au Pain ;
  • la mise en valeur de l’histoire du lieu et de la particularité de la maison comme « immeuble de rapport » ou « maison de bourg » avec boutique et appartements à louer grâce notamment aux multimédia et aux plaques en laiton qui permettent de découvrir les habitants de la Maison en 1862 ;
  • l’accessibilité au public y compris à mobilité réduite grâce à l’installation d’une plateforme PMR et d’un ascenseur desservant le rez-de-chaussée, le 1 er et le 2 e étages, mais également l’inversion d’ouverture de certaines portes ;
  • le redéploiement des collections Debussy avec la création d’une nouvelle scénographie et d’une nouvelle muséographie, plus claire et interactive ;
  • l’emploi de matériaux de qualité (bois, carreaux de ciment) pour les intérieurs en remplacement des anciens papiers peints et moquettes ;
  • l’isolation du bâtiment et la rénovation complète de tous les réseaux (électricité, plomberie, ventilation, électronique) ;
  • l’installation d’un système de traitement d’air permettant de respecter les impératifs de température et du taux d’humidité pour la bonne conservation des œuvres et objets ;
  • la mise en place d’une solution multimédia moderne permettant notamment une écoute confortable ;
  • l’ouverture au sein de la Maison natale d’un centre de documentation du musée ouvert au public sur rendez-vous.

La Maison a été fermée au public fin 2021 et le transfert des collections s’est achevé à l'été 2022.

La phase d’études et de projet a été inhabituellement longue en raison de la complexité du site : surfaces très réduites et passages étroits, accès unique au bâtiment par la rue au Pain, accès unique aux étages par l’escalier inscrit MH, rue et trottoirs étroits avec circulation forte notamment des bus. Le gros œuvre a été achevé au début du printemps 2024. Les travaux de menuiserie et autres finitions ont été réalisés entre le printemps et l'été 2024. Le redéploiement des collections s’est étalé sur les mois d'août et septembre.

Depuis le samedi 23 novembre 2024, la Maison natale accueille de nouveau le public.

Arpentez les rues de la ville aux côtés de l'illustre compositeur et découvrez un aperçu de sa Maison natale à travers ce film

Les travaux ont été financés par la Ville avec la participation de la Région Île-de-France et du Département des Yvelines.

La « nouvelle » Maison natale

La transformation de la Maison natale est visible dès la façade sur rue. La nouvelle devanture en bois reprend le dessin de celles des boutiques du XIXe siècle et le premier étage est recouvert d’un badigeon coloré comme il était alors souvent d’usage. La couleur choisie, bleu grisé, fait partie de la palette du centre-ville protégé de Saint-Germain-en-Laye et correspond à l’une des teintes caractéristiques du bâti ancien, déclinaison du bleu des Yvelines. Cette couleur est reprise dans le logo du musée municipal Ducastel-Vera qui correspond à la Maison natale (le logo est décliné en bleu foncé pour l’ensemble du musée, en rouge pour l’Espace Paul-et-André-Vera et en vert pour l’Apothicairerie Royale). Le monogramme de Debussy, un CD gravé en creux, anime la nouvelle façade. Le badigeon bleu du premier étage permet également de distinguer visuellement la Maison natale dans l’alignement urbain de la rue au Pain. Le nom « Maison natale Claude-Debussy » s’inscrit entre cinq lignes horizontales en laiton doré qui s’inspirent de la portée musicale.

Le rez-de-chaussée est dédié à l’accueil du public. Une plateforme PMR permet de franchir le dénivelé de 40 cm par rapport au niveau de la rue. L’accueil est traité comme une boutique du XIXe siècle, rappelant l’histoire du lieu, mais également le fait que la famille Debussy y tenait une boutique de faïence. L’historique du bâtiment est relaté par deux vidéos. Le Monument à Debussy d’Aristide Maillol est mis en valeur dans un espace clair et lumineux. La boutique et la tisanerie transforment le rez-de-chaussée, autrefois simple lieu de passage, en un endroit convivial et chaleureux.

Le premier étage est désormais occupé par l’auditorium afin de faciliter l’accès du public lors des concerts. Espace muséal autant que « salon de musique », il est dédié à la jeunesse du compositeur et permet une écoute aérienne de certains morceaux parmi les plus emblématiques de Debussy, ainsi qu’une écoute à la demande grâce à une borne. L’Auditorium Yvonne-Lefébure accueille les concerts de la saison musicale Debussy dont les « Dimanches chez Debussy », nouveau format de concert convivial, ainsi que des conférences, des ateliers scolaires, des présentations. Un accrochage thématique et temporaire peut se substituer à une partie du parcours muséographique afin d’évoquer un point précis de la vie ou de l’œuvre de Debussy.

Le second étage est consacré aux années 1904-1918 et à la préservation de la mémoire du musicien après sa mort. Une grande vitrine permet la restitution du bureau de Debussy dans son hôtel avenue du Bois de Boulogne et la présentation vivante des objets personnels. Le visiteur ressent presque la présence du grand homme. Une borne d’écoute permet de découvrir les œuvres composées par Debussy en s’inspirant notamment des objets qui l’entouraient au quotidien comme la laque japonaise des Poissons d’or.

Le troisième étage est partagé entre bureaux et centre de documentation qui est un espace nouveau de travail et de découverte accessible au public gratuitement sur rendez-vous. Il permet la consultation des documents conservés par le Musée Ducastel-Vera en lien avec Debussy (correspondance de Debussy, partitions, photographies, fonds Marcel Dietschy, enregistrements etc.), mais également les archives du musée, les ouvrages sur l’histoire de l’art et l’histoire de la ville, les périodiques sur l’art. Sur rendez-vous et demande motivée, ou bien sur réservation en groupe, les œuvres conservées au Cabinet des Arts graphiques peuvent également être consultées.

Le quatrième étage, interdit d’accès à toute personne étrangère au service des collections, constitue la réserve des Arts graphiques du Musée Ducastel-Vera. Le bâtiment sur cour comprend trois niveaux : toilettes au rez-de-chaussée, office/cuisine au premier étage, bureau / loge de musiciens au deuxième étage.